Ma vie selon... moi !

24 mai 2012

La naissance de mon joufflu (20-03-12)

Vas-tu me laisser le temps d'écrire ta naissance ? Ou encore une fois m'accaparer comme si tu voulais que cela reste entre nous ? Les jours passent, mes souvenirs s'effritent un peu et j'ai si peur de perdre des détails, ce que tu m'as fait vivre est encore tellement intense que quand j'y repense, je pleure et je tremble fortement, mon corps aussi se souvient.

 

Si je devais te dire une chose, une seule, ça serait merci. Merci pour tout ce que tu m'as offert. C'est d'ailleurs à ce moment-là, quand je t'ai remercié, que tout s'est doucement mis en place, jour après jour, une petite chose entrainant l'autre, notre chemin de rencontre avait commencé. Je t'ai remercié et te remercie encore chaque jour, merci mon fils, merci pour cette grossesse merveilleuse, sans faille, merci pour cet accouchement fort, violent, aux sensations si présentes.

 

Malgré mon attente, mon guet, je n'aurais jamais pensé que tu viendrais ce jour-là. Nous ne voulions pas que tu naisses ce lundi, blague privée avec ton papy. Je rêvais de te donner la vie le jour du printemps, mais je pensais au 21 mars. Pourtant, le premier qui l'a su, ce fut ton frère, car ce fut lui qui annonça ta venue en préparant symboliquement ton parc, en le rangeant, en installant les doudous.

 

Lors de mon blessingway, j'avais émis l'envie de perdre les eaux en premier pour savoir tout de suite que tout avait commencé et ne pas être trop dans l'expectative. Et même ça, tu me l'as offert. A 21h, j'ai eu cette sensation bizarre qu'on ouvre une valve et que l'eau coule. A ce moment, je tremble comme une feuille, je suis tellement excitée, tellement heureuse, je sais que ça y est, la rencontre va commencer, dans quelques temps, nous serons face à face, nous nous découvrirons, même si nous nous connaissons déjà... J'appelle I. directement qui me donne quelques infos et me demande de la rappeler dès la première activité utérine. Ce que je fais 15 minutes plus tard je crois. Je viens de découvrir ma première contraction, la vraie, et ça n'a rien à voir avec tout ce que j'ai senti à présent. Je la surnomme gentiment "la piquante". Je rappelle I. qui me parle à présent de régularité. On se met donc à compter, mais après la 3e je ressens l'envie forte de l'avoir à mes côtés. Mon homme la rappelle et elle est déjà quasi prête, elle arrivera dans la demi-heure. De fait, sa présence me rend d'un coup plus sûre de moi, je me sens en sécurité tout simplement. On fait un petit monito, et elle m'examine, et là, en effet, je suis à 3 cm. On laisse passer un peu de temps pour qu'elle m'observe, voit comment je gère, la force de mes contractions. Elle finit par me conseiller d'aller doucement à la maternité qui n'est pas tout près, histoire de pas stresser sur le temps. Ca tombe bien, je suis dans la même optique, je ressens l'envie d'y aller aussi. Ma maman arrive également, ainsi que notre ami "chauffeur", et c'est un doux moment d'émotions. Ta grand mère n'a pu me voir le jour de la naissance de ton frère, je sais que je lui offre là un moment intense où elle peut me voir, en plein travail, en plein en train de donner la vie, et où elle peut m'embrasser et me souhaiter le meilleur. Je serre fort I. dans mes bras et la remercie de tout ce qu'elle a pu m'apporter durant cette grossesse, ça me fait tout drôle, je reviendrai ici, avec mon bébé à bras. On prépare tout, et puis d'un coup, je ressors de la voiture, je cours (tant bien que mal) dans ma maison. Je veux embrasser mon fils, mon premier fils, celui qui m'a fait mère, je veux le regarder dormir et me souvenir de lui comme mon petit bébé, car je sais que quand je le reverrai, rien ne sera plus pareil.

 

Le trajet commence et malgré le conseil d'I. d'aller à l'arrière pour mieux gérer, je reste à l'avant, je ne veux pas accentuer mon mal du transport. Mon corps est d'accord avec moi et m'offrira une belle accalmie dans la douleur durant tout le trajet. Les contractions vont s'accentuer, se précipiter, nous écoutons Classic 21, et nous avons droit à du blues, mes contractions montent durant le peech du présentateur, et la descente et les endorphines arrivent au lancement de la musique, je passe un moment magique, et savoure comme jamais cette musique, shootée par ce que mon corps m'offre. Nous arrivons à la maternité vers minuit, et je me sens vraiment bien, détendue, heureuse.

 

Nous rencontrons G. qui sera notre SF, elle est haptonome et va se révéler d'une efficacité exemplaire. Elle est douce et vraiment très respectueuse. Elle se tait dès qu'elle aperçoit le début d'une contraction, me met une main apaisante, ou une parole douce, je sais qu'on a bien choisi notre lieu. Très vite, je vais prendre place sur mon lit et chercher ma place comme un animal. Observatrice, G. va vite comprendre comment mes contractions me touchent (bassin et jambes ici, jamais eu mal dans le ventre ou les reins), et va me donner les clés pour les gérer, couchée sur le côté, un drap attaché en lianne pour m'accrocher, et elle montre à Jérôme une façon de me prendre le bassin pour me soulager. En effet, quel soulagement, à tel point que la danse va commencer, et que tout va s'enchainer. On fera le monito dans cette position là, et G. va patiemment attendre une accalmie pour me faire son toucher et voir vers où on va. Cela va prendre un certain temps, je ne peux dire combien de temps va passer, je suis à présent dans ma bulle, mon mantra sera "les contractions sont mes amies, je les accompagne, elles ouvrent mon col, les contractions sont mes amies, je les accompagne, elles ouvrent mon col, ...". Au bout d'un moment, elle me demande pour faire ce toucher, on arrive enfin à gérer le truc vite fait et là, toute déboussolée, elle me sort "Ah bin bravo ! Tu es à 8cm, on arrive à la fin, on va filer en salle d'accouchement". Je n'en reviens pas, je suis sur le cul là !!! J'arrive à peine à comprendre que j'arrive au bout de la première phase.

 

Le temps d'arriver à la Salle Terre, je passe en phase de désespérance et refuse de quitter mon lit, persuadée que je vais mourir si je quitte ma place tant adorée ! Je comprends de moi-même très vite cette phase et à peine le temps de dire "ouf" que ma première contraction de poussée arrive. Et là, je chûte. Là je plonge dans la violence, l'horreur et la douleur, et pourtant à la fois, je me sens prise d'une force immense, j'ai l'impression d'irradier de partout, et je découvre avec stupéfaction toute la magnificience et la force de mon propre corps. A ce moment là, le temps aussi me fait défaut, je ne sais combien de temps passera, je pense qu'il va se passer 1h30 à peu près de poussées. C'est ce temps et cette douleur inouie qui vont me déconcerter, me faire perdre pieds, et mes jambes et mon bassin qui vont me trahir. J'étais persuadée du côté soulageant de la poussée, je pensais crever de douleurs aux contractions, et en fin de compte c'est plutôt l'inverse qui va se produire. Nous avons de la chance, nous sommes seuls en travail à l'arrivée et serons accompagnés de deux sages-femmes haptonomes, G. et I. ainsi que d'une adorable étudiante. Ensemble, elles vont nous guider, nous insuffler la force, nous proposer différentes choses, tout en respectant nos projets, nos choix, nos envies. Je suis heureuse de les avoir eu, elles m'ont souvent empêché de perdre pied, m'ont tendu les mains qu'il fallait pour me raccrocher quand il fallait et ont aussi laissé Jérôme prendre sa place ou le guider pour la trouver selon mes besoins. Au final, nous aurons quasiment tout testé durant cette poussée, le lit rond dans toutes ses formes, la galette, le petit tabouret, différentes positions naturelles et/ou selon les principes haptonomes (avec des noms à coucher dehors hahaha, du genre la grande ouverture, ou un truc comme ça). Tu gères comme un chef mon tout petit, tu descends doucement mais super bien, ton coeur ne faillit pas, tu fais ton chemin et je t'accompagne du mieux que je peux. De mon côté, je n'en mène pas large, et très vite, je vais commencer à m'épuiser. Mon sucre va chuter, je viderai une petite bouteille de coca en un rien de temps, mais ça ne me fait rien, toute cette énergie bue s'en va à la poussée suivante ! Je suis vraiment contrôlée par les poussées, je ne gère rien, et je perds beaucoup d'énergie à pas grand chose.

 

Et puis je perds courage. Je sens que j'arrive clairement au bout de mes forces, pour le peu qu'il m'en reste. Et ma supplication va commencer. Pourtant tu es à 5 cm de la sortie, mais je n'ai plus la force pour ces 5 derniers centimètres. Les SF ne perdent pas espoir, elles, et puis toi, tu gères toujours bien, donc elles vont tout tenter pour m'insuffler la force nécessaire pour terminer le travail. Mais rien n'y fait, mes contractions sont devenues très courtes, ne me permettant que peu de poussée efficaces avant de s'estomper en 1seconde, me laissant quasi tomber dans les pommes. Le gynécologue finit par arriver. Lui aussi va encore attendre, me motiver, m'insuffler la force, il va tenter de me faire sortir de mes gonds, même de me fâcher pour que je trouve cette volonté. Mais tout aussi vainement. Nous changeons alors de salle, passons à la salle Eau où il y a un lit d'accouchement avec étriers. Je supplie le gyné de prendre la ventouse, de m'aider pour les 5 derniers cm. C'est alors qu'il me lâche sa dernière carte. S'il utilise la ventouse, j'aurai une épisio, c'est son protocole à lui, c'est ainsi qu'il le fait, si je n'en veux pas, je pousse et je sors ce bébé. Si je veux cette ventouse, j'accepte cette coupure. Il attendra ensuite patiemment, laissant l'information faire son chemin en moi. Je tente encore mais je ne puis plus, je suis à bout, et je finis par accepter la situation. J'ai apprécié qu'il me dise clairement les choses et qu'il me laisse choisir, nous aurions pu encore tenter, encore et encore, loulou tenant très bien le coup, mais je ne pouvais plus, je ne voulais plus. Cette situation, cette façon de faire m'a permis d'accepter un peu mieux cette blessure, même si bien sûr je la regrette amèrement. Je la regrette et en même temps je l'accepte comme la preuve que j'ai été au plus loin de ce qu'il m'était possible de vivre ce jour-là, avec les forces que j'avais, avec mon énergie du moment. Le fait aussi d'avoir eu ce choix, de l'avoir pris et non pas de l'avoir subi change énormément la donne.

 

Il n'aura fallu qu'une poussée, une toute petite ventouse et ces quelques points, et ta tête sort enfin. Je ferme les yeux et je peux revoir ce moment, il est gravé à jamais dans mon esprit, je te vois encore, entre mes jambes, petite tête toute ronde, aux joues rondes et pleines, cette tête toute calme, toute grise, toute dans l'attente de la sortie prochaine. C'est comme un moment de grâce cet instant. Je suis touchée par la grâce. Une nouvelle poussée arrive, je ferme les yeux mais les rouvre très vite sous les injonctions des SF car tu es en train de sortir et qu'elles m'incitent à te prendre, ce que je fais immédiatement. Que tu es lourd mon fils ! Je suis étonnée de ton poids et je me rappelle immédiatement celui de ton frère. Forcément tu me sembles lourd hahaha.

 

Et je suis redevenue maman. Je me rappelle ton pleur qui me touche en plein coeur et cette force en toi quand directement tu vas chercher mon sein.

 

Merci mon fils. Merci de m'avoir démontré que la vie peut aussi être belle durant cette période, sans ombre, sans encombre. Il aura fallu arriver à la toute fin pour que je le comprenne enfin.

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11 février 2012

Bits and Pieces #3

Ce week-end, il n'y aura probablement pas de tournée des blogs, puisque je prépare et fête mon blessingway (que je ne manquerai pas de raconter oui oui ^^). Donc il faudra juste se contenter du troisième numéro des Bits and Pieces !

Vous pouvez retrouver différents Bits & Pieces chez Marjoliemaman, Miss James, Maman What Else, entre autres :-)

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09 février 2012

A tous ceux qui disent...

... "il faut le laisser pleurer"
...... "ça va lui faire les poumons"
......... "tu vas en faire un capricieux"

 

Voilà un texte à lire et à méditer...

 

Extrait du livre "Le concept du continuum" de Jean Liedloff, 1977


« Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler. A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable.

Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera.

Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense. Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rie qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence.

Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le dessert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira.

Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. la maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubration, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement.

Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tut est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste. »

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07 février 2012

J'ai testé pour vous... la pierre d'alun

Ca fait un moment que j'aurais pu vous concocter cet article, puisqu'on n'en est plus au test puisque je dirais même que la procédure d'adoption est terminée !

C'est sur mon forum, que j'en ai entendu parler concrètement. Avant je ne connaissais pas. Après l'avoir découverte et en avoir parlé concrètement autour de moi, en fait, si je connaissais, mais j'avais zappé. J'avais simplement zappé avoir eu une maman écolo qui a utilisé longtemps ça (enfin je me rappelle simplement me demander pourquoi elle utilisait une "pierre" sous les bras...).

Bref, le nombre de personnes convaincues me tentaient et lors d'un passage dans mon magasin bio, j'ai décidé de la tester.


Concrètement, c'est quoi ?

pierrealun

La pierre d'alun, c'est un sel à base de sulfate de potassium. Elle peut être présentée sous différentes formes : pierre brute, polie, en poudre. En général, on peut la trouver en pharmacie, en magasin bio, sur Internet.

Elle peut être sous forme naturelle, ou synthétique. Dans tous les cas, elle est composé aussi de sels d'aluminium dont les effets nocifs passant à travers la peau sont de plus en plus démontrés. C'est donc un produit naturel, économique, écologique mais pas dépourvu d'effets nocifs, comme tout contact avec l'aluminium. Pour ma part, à choisir, je la garde, elle contient certes de l'aluminium mais tout comme la plupart des déodorants du marché qui, eux, ont aussi d'autres produits nocifs pour la peau, pour l'environnement.

Ses propriétés : elle est astringeante, ce qui signifie qu'elle resserre les pores et donc limite la transpiration, elle est antiseptique et donc diminue la prolifération de bactéries sous les bras (d'où la diminution de "l'odeur de transpiration"), elle est hémostatique, donc diminue les saignées de petites coupures, comme pour le rasage. Elle est aussi très efficace pour l'après-rasage (homme ou femme) pour les peaux sensibles.

 

Concrètement, j'ai fait quoi et quelles sont les conclusions ?

Alors autant vous le dire en toute honnêteté, pour la tester à fond, j'ai été au bout de mes possibilités............

  • Je ne me suis pas rasée pendant tout le temps du "test" (depuis j'ai de nouveau les aisselles lisses, je supporte pas trop les poils sous les bras). Quand je ne suis pas épilée, j'ai tendance à "sentir" au bout d'un moment sous les bras, malgré n'importe quel déo. Ici, rien du tout. En fait, c'est pas compliqué, depuis que je l'ai, je ne sais plus vraiment c'est quoi "être mouillée sous les bras".
  • j'ai essayé sans lavage préalable, un matin donc sans m'être lavée sous les bras clairement. Rien de différent, toujours parfait.
  • j'ai essayé après le portage une journée complète de matières qui font transpirer et puer. J'ai donc juste essuyé avec un peu de papier absorbant et appliqué à même les aisselles transpirantes et cela a calmé fameusement la transpiration et diminué l'odeur qui en découlait.
  • puis une fois tout ça fini, j'ai fait aussi tester mon homme qui est un bon transpireur, le genre qui peut changer 3-4 fois de t-shirts sur une journée parfois... et l'homme a été plus que ravi. Sa transpiration a fameusement diminué, il n'avait plus constamment cette sensation d'être mouillé sous les bras. Depuis, il a voulu repasser au déo normal (tout ça pour quoi ? Parce qu'il aimait bien avoir cette petite odeur de déo, pfffffffffff, les hommes hein) et il re-transpire à fond de nouveau.

Et donc en conclusion, je ne mettrais plus jamais rien d'autre je pense...! C'est très facile à employer, on la passe un petit coup sous l'eau, on la fait glisser sous l'aisselle, un peu comme un déo bille, et puis voilà. Et depuis, je n'ai plus jamais eu de souci (j'en avais pas plus que la moyenne, attention) de quoi que ce soit niveau transpiration... Je n'ai plus une seule fois concrètement ressenti cette sensation désagréable d'être mouillée sous les aisselles, ou de sentir, après une journée fatigante, suante, ou après le port de matières synthétiques.

Son seul défaut à mes yeux, si on met de côté l'aluminium expliqué plus haut, c'est le manque d'odeur. En fait, à la base, si je l'ai testée, c'était aussi en prévision de mon prochain allaitement. J'ai souvent entendu parler de bébé qui avait du mal à supporter certaines odeurs synthétiques de déo (ou de parfum), et puis j'aime cette idée qu'il aime l'odeur réelle de ma peau. La pierre d'alun ne sent pas et ne met aucune odeur sur la peau. C'est bien, et en même temps, certain(e)s aiment avoir cette petite odeur parfumée qui les environnent (y a qu'à voir comment certains hommes mettent leur déo ==> sous les bras, et puis un bon gros pssssshiiiit sur tout le thorax...). Donc, ici, faut pas compter là-dessus, après on peut trouver d'autres alternatives pour avoir une odeur particulière.

Et heu... c'est tout. Et je suis vraiment honnête. Pour ma part, c'est vraiment la seule chose de négative que je peux sortir à son sujet, ça fait deux mois et demi, trois mois que je l'utilise chaque jour, sans jamais le regretter.


Et pour de plus amples informations, vous pouvez cliquer ici, ici et ici !


Pierre_D_Alun_Artalep

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05 février 2012

Bits and Pieces #2

Voilà donc le deuxième opus de ce Bits+Pieces, sur une idée de Marjoliemaman, qui l'a pioché chez Miss James !

SAM_1113@Pola(20120204010550)

SAM_0233@Pola(20120128220430)

SAM_0550@Pola(20120128214504)

SAM_0623@Pola(20120128220216)

SAM_1089@Pola(20120128215818)

SAM_1106@Pola(20120128215610)

Vous pouvez retrouver des Bits+Pieces chez Marjo, chez Miss James (forcément ^^), Les Filles Electriques, Lili, Maman Pipelette, Maman What Else.

Posté par Saphaëlle à 08:00 - Vos avis [1] - Rétroliens [0]
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